Dan Jin
La puissance discrète de la peinture de JIN Dan met du temps à saisir, à retenir. Mais ceux qu’elle a pris, elle les mord profondément.
Le monde de JIN Dan est le monde d’après. Le monde du printemps sans oiseaux. Le monde où les écrans ont remplacé le monde vivant. C’est le monde où la technique a fait son oeuvre, où le digital en a fini avec le réel, où l’homme au bout de ses libérations s’est libéré de tout et à la fin, de lui-même – et cette libération s’appelle la mort. Le monde de JIN Dan n’est pas un monde en crise, c’est un monde où il ne peut plus y avoir de crise. Personne pour renverser la table, tirer la nappe et briser les verres. Ce n’est pas un monde qui devient désert, perd son âme et se stérilise.
C’est un monde dur et froid comme le verre, comme la faïence ou l’acier, un monde sans ombre ni pardon, un monde implacable comme un miroir. Le monde de JIN Dan est un désert, il est inanimé et rien de vivant ne peut y trouver sa place. Les signes subtils de la Chine, les rappels discrets de l’art chinois de l’espace, du signe et de la lettre dessinée suggéreront à certains une lecture politique de la peinture de JIN Dan. Gris. Gris vert, gris bleu, gris gris. La vie s’est perdue
Exposition solo "Le Monde d'après"
Exposition collective "Non-dits"
Dan Jin compose une architecture de fenêtres, de portes, de lumière et d’embrasures où le regard se heurte, s’engage et se perd. La maîtrise des lignes, des points de fuite et des espaces qui se jouent du regard s’oppose à tout dévoilement, à toute interprétation. Volumes, surfaces, fuient le regard et défient la perspective. L’horizon est ailleurs. Le ciel, nulle part.
La vie est ailleurs. Mais y a-t-il un ailleurs dans les champs structurés des espaces domestiques que donne à voir Dan Jin ? Une fleur, ou ce qui ressemble à une fleur, pourrait être une fleur, sort improbable d’un vase qui n’est pas fait pour elle. Une branche, ou ce qui ressemble à une branche, donne à se ressouvenir qu’il a eu des bouquets, des forêts, et des volées d’insectes dans les champs. Et le limaçon malicieux qui se glisse aux bords des fenêtres et des cloisons que JIN Dan nous donne à voir, est-il autre chose que le témoin d’une vie qui n’est plus ?
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Les expositions de l’artiste
Du 12 septembre au 11 octobre 2025
Du 7 au 31 Mai 2025










